Published on Tuesday April 07, 2020 at 13:55

Pourquoi courir et toujours avoir l’envie de courir ?

Découvrez aujourd’hui, un portrait : Roland Vuillemenot, l’histoire d’un homme qui habite Gex, sportif dans l’âme. Il a construit une carrière sportive exceptionnelle, sans vraiment le vouloir. Certains d’entre vous le connaissent déjà !  Découvrez son parcours atypique ! 
Roland Vuillemenot

Comment je suis devenu un sportif ? 

On est dans le milieu des années 1970, et déjà à cette époque, depuis sa maison, il voit de nombreux cyclistes qui montent le col. « J’ai envie d’essayer » se dit-il. Et le voilà parti faire la montée de la Faucille en vélo, comme tant d’autres ! Et au final, il a adoré cette expérience. Depuis, il monte très régulièrement le col. Un jour qu’il arrive là haut (toujours tout seul) : il rencontre un dirigeant d’un club cycliste local qui l’incite à prendre une licence, car il monte à un bon rythme. Le sportif refuse « ce n’est pas maintenant, à 30 ans, que je vais prendre une licence ! » … Et puis si !, on est en 1977. Le voilà embarqué tous les dimanches dans des courses cyclistes pro, sans aucune expérience. En fin de saison, il en redemande, et se lance dans le cyclo-cross, puis dans le cross en hiver car le club local d’athlétisme vient de se créer dans le Pays de Gex. 
 

Vainqueur sur mon 1er marathon

En 1980, le club d’athlétisme organise une course locale : Collonges – Divonne, un vrai marathon : 42.195 km. Comment résister à une telle aventure ? « mais, en suis-je capable ? » Alors, au surlendemain d’une course de vélo, il part en auto-stop jusqu’à Collonges et le voilà à Divonne au bout de 3h05, sans difficulté, et avec des chaussures inadéquates.  2 semaines plus tard, le voilà au départ de ladite course, avec de nouvelles chaussures. Le départ est donné… sur le parcours : Le président du club lui crie :  « Roland, t’es parti trop vite ! tu ne tiendras pas ! »… mais il n’en fait qu’à sa tête… et arrive le 1er sur l’hippodrome de Divonne, applaudi telle une vedette ! En parallèle, il fait encore quelques courses cyclistes mais se passionne pour « le marathon ». Il arrête le vélo en 1983 pour se consacrer à la course à pied. Il note tout, il pense, il vit « marathon », il réoriente ses méthodes d’entrainement, améliore ses performances pendant 3 ans. Il gagne de belles épreuves ou fait de bonnes places. Marathon de Paris, Milan, Véronne, Londres, Munich… Il obtient son meilleur chrono à 40 ans en 2h21’40. Il a même participé au Marathon de New-York, en 1987 ou il finit 1er french.

La fabuleuse aventure des 100 km 

Puis, une nouvelle épreuve est organisée dans la région, c’est un aller-retour entre Genève et Lausanne : distance 100 km (à pied). « Tiens, c’est près de chez moi. » se dit t-il. J’ai envie de tenter cette expérience ! » Même s’il avait déjà effectué un Nantua - Bourg-en-Bresse, 2 semaines auparavant et un marathon le dimanche précédent. Il s’inscrit quand même. La partie retour sur cette course helvétique fût une vraie galère. Cependant, il a franchi la ligne d’arrivée. Ce fût fait en 7h08 avec une place de 15ème !  
Oubliant ces moments de souffrance, il poursuit ses longues chevauchées, comme Gex – Bellegarde en passant par tous les sommets, le jour de ses 40 ans. Son 1er championnat de France des 100 km ou il termine avec une 5ème place et un titre de champion vétéran sous les 7 heures. En 1987, membre de l’Equipe de France : il arrive à la 3ème place pour son premier championnat du Monde. Pour cette course, il avait couru 20 tours du lac de Divonne, soit 60 km en 4 heures). En 1989, il remporte les 100 km de Florence- Faenza dans une ambiance « Tour de France » !
 

Champion du monde des 100 km, toutes catégories

En 1990, la fédération lui propose de participer au championnat du monde des 100 km aux USA, (dans le Minnesota)  à la condition qu’il paye lui-même le voyage, ce qu’il accepte sans réfléchir ; en ce temps-là, les vétérans n’étaient pas considérés ! (Cela a changé depuis). Il court et termine 1er toutes catégories ! Enfin la reconnaissance internationale !  il court partout… en Espagne, Botswana, Afrique du Sud, Japon, Tasmanie...

5 fois champion de France des 100 km, toutes catégories

En 1991, il participe au championnat de France des 100 km à Millau. Il s’inscrit au dernier moment, parmi les 4000 concurrents. Il gagne très largement cette course dans une ambiance fantastique. Il aura eu le titre de champion de France, après celui de champion du monde ! C’est un peu anachronique. Il va rééditer encore 4 fois le titre de champion de France des 100 km en : 1992 ; 1993 ; 1995 ; 1996.

Comme il n’en a jamais assez, il s’inscrit dans d’autres épreuves d’ultramarathon extraordinaires (compétition dont la distance dépasse celle d’un marathon).
Son objectif permanent : se surpasser dans les compétitions et certains entrainements. Il court sur tous les formats :  les cross, en montagne, le km vertical, marathon, 100 km, 24h00, trail long… qui sont devenus ses motivations.  
11 ans plus tard, en 2016 : il court à nouveau lors des championnats de France 24h00, à Albi : il prend quand même le record du monde des plus de 70 ans avec 201 km parcouru !  

Quand on lui demande pourquoi il court : il répond simplement : 

« Mon éternelle motivation :  c’est le mot « liberté ». Quand chaque jour je regarde le Jura, le Mont Blanc, le Lac Léman : entre les deux, je n’ai qu’une envie, courir là-haut, là-bas ! Quand j’ai débuté dans chacune des disciplines, j’étais déjà « le vieux ». Tout m’est arrivé sans vraiment le chercher. J’ai fait des courses de vélo parce que j’habitais sur la route de La Faucille. J’ai fait du marathon parce qu’il y un avait un dans le Pays de Gex. J’ai fait les 100 km parce qu’un aller- retour Genève-Préveranges avait lieu pas loin… J’ai appris à ne jamais abandonner, élaborer des stratégies, à ne pas tricher avec soi-même et à toujours espérer. 
Je ne peux pas dissocier ce que je suis dans la vie et ce que je suis dans le sport. Je me suis accaparé de mon corps comme d’une voiture dont on ressent tous les organes mécaniques qu’il faut maitriser à un juste régime pour durer. J’apprécie mon corps qui est toujours capable de m’emmener ou je veux, et avec toujours le même plaisir, la même volonté. 

Au-delà de ma pratique sportive, mon engagement associatif  

Je suis président d’Ultra Marathon France, une association créée pour promouvoir l’ultramarathon. Une revue trimestrielle est publiée pour ses adhérents, groupant coureurs et organisateurs de courses. Un club FFA portant le même nom a été créé.  Pour tout contact : umaf@aol.com      

Pour conclure : Sachez que Roland Vuillemenot est né le 21 août 1946 (73 ans) à Chamesol (Doubs)…. Et qu’il court toujours ! QUEL PALMARES ! Félicitations Roland !

Alors, si à l’avenir vous le croisez sur les routes gessiennes, faites-lui signe !